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LE SIRTI DEMANDE AU GOUVERNEMENT DE GARANTIR L’ACCÈS DES CONDUCTEURS FRANÇAIS À LA RADIO HERTZIENNE.

Sur l’accès au média, radios privées et radio publique portent la même exigence.

Alors que plusieurs constructeurs commercialisent aujourd’hui des véhicules dépourvus de récepteur FM et DAB+, ou proposent la radio en option payante, l’ensemble du secteur de la radio appelle le Gouvernement à garantir l’accès direct et gratuit à la radio hertzienne (FM et DAB+) dans les véhicules.

Une garantie d’accès, pas une contrainte technique

La question posée n’est pas technique : il s’agit de savoir si l’accès à la radio demeure garanti dans l’habitacle. Elle se joue aujourd’hui sur deux fronts simultanés. Au niveau européen d’abord, où la négociation du Digital Networks Act déterminera si l’équipement des véhicules neufs en récepteurs FM et DAB+ devient une obligation. Au niveau national ensuite, où l’article 2 de la proposition de loi relative à la modernisation de la radio, présentée par le président Laurent Lafon[1], reprend cette exigence pour les véhicules.

Un enjeu de sécurité civile et de souveraineté

La radio hertzienne est le seul média gratuit, anonyme et résilient en situation de crise majeure.

Les incendies survenus en Gironde cet été, ainsi que l’a souligné Le Monde[2], ont rappelé que les infrastructures de télécommunication peuvent être lourdement affectées lors d’évènements climatiques majeurs. « En Gironde, quelque 80 kilomètres de câbles de fibre optique et 1 200 poteaux destinés à leur acheminement ont été endommagés, précise Yann Breton, le directeur de Gironde numérique, le syndicat mixte propriétaire de ce vaste réseau de fibre, qui dessert plus de 520 000 foyers et entreprises. ».

De même, pendant la panne électrique survenue en Espagne en avril 2025, les antennes relais des réseaux mobiles ont cessé d’émettre en majorité au terme d’une vingtaine de minutes, une fois leurs batteries de secours épuisées, tandis que l’autonomie des téléphones dépendait de batteries qui ne pouvaient plus être rechargées. Seule la diffusion hertzienne a continué d’acheminer l’information. La voiture est un lieu privilégié d’information dans ces cas où l’électricité dysfonctionne, à l’instar du poste de radio à pile. Le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) l’a rappelé lors des dernières Assises de la Radio de l’Arcom.

Une position partagée par l’ensemble du média

Sur ce sujet, l’ensemble des acteurs du média radio agit aux côtés de l’Arcom, du SGDSN, du ministère de la Culture pour porter des positions communes en réponse à la consultation européenne sur le Digital Networks Act.

Ainsi, l’ensemble du secteur de la radio rappelle les demandes portées :

·       La défense de cette exigence par la France dans la négociation du Digital Networks Act : obligation d’équipement en récepteurs FM et DAB+ des véhicules neufs, particuliers et utilitaires, et place de premier plan de la radio hertzienne sur le tableau de bord, par un accès physique direct ou dès la première page de la console multimédia ;

·       Un avis favorable du Gouvernement lors de l’examen de l’article 2 de la proposition de loi du sénateur Laurent Lafon, sans affaiblissement du dispositif ;

« L’accès des Français à la radio ne peut pas dépendre d’un accord commercial entre un constructeur automobile et une plateforme de streaming. C’est au législateur de le garantir, pas au marché. Sur ce point, service public et radios privées parlent d’une seule voix », déclare Constance Benqué, présidente de l’Alliance de la Radio.

« Quand l’Espagne s’est retrouvée sans électricité, les téléphones se sont tus et les autoradios ont continué de parler. Les incendies de cet été nous l’ont rappelé chez nous : quand tout s’arrête, la radio reste. Une voiture sans récepteur est un angle mort de la sécurité civile. Nous plaidons pour une position française en ligne avec cet impératif. », déclare Sibyle Veil, présidente de Radio France.

« La radio associative, c’est de la communication sociale de proximité et un maillage territorial que rien d’autre ne remplace. L’accès hertzien gratuit et universel doit rester garanti dans chaque véhicule, y compris quand tout le reste s’arrête », déclarent Sylvain Delfau et Jean-Marc Courrèges Cénac, co-présidents des Locales.

[1] Proposition de loi n° 743, 2025-2026

[2] https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/08/24/le-megafeu-en-gironde-enieme-revelateur-de-la-vulnerabilite-des-reseaux-telecoms_6755475_3234.html

CHRISTOPHE SCHALK, PRÉSIDENT DU SIRTI, S’EXPRIME SUR LES DOSSIERS DE CETTE RENTRÉE AU SEIN D’UN ENTRETIEN ACCORDÉ À LA LETTRE PRO DE LA RADIO 

Dans un long entretien accordé à La Lettre Pro de la Radio, Christophe Schalk, président du SIRTI, détaille les priorités de la rentrée : modernisation de la radio, avenir de la FM et du DAB+, place du média dans les véhicules, publicité, information locale et audio numérique. Reconduit à la tête du syndicat, il expose également sa vision de la radio indépendante à l’horizon 2030.

LLPH – Vous avez été reconduit à la présidence du SIRTI lors de l’Assemblée générale 2026. Quel sera le dossier prioritaire de ce nouveau mandat et, surtout, sur quel sujet souhaitez-vous obtenir une avancée concrète dans les prochains mois ? 

CS – Je veux d’abord remercier les adhérents du SIRTI pour leur confiance renouvelée. Je sais qu’ils seront nombreux à lire cette interview, car ils sont très attachés au travail de La Lettre Pro de la Radio, que je tiens également à saluer. Je veux leur souhaiter à toutes et à tous une très belle saison radiophonique. Le SIRTI représente aujourd’hui toute la diversité de la radio indépendante : des radios locales, régionales, thématiques ou généralistes, qui rassemblent chaque jour près de 9 millions d’auditeurs. Pour elles, la priorité de cette rentrée est claire : obtenir des avancées concrètes pour continuer à se développer et préparer l’avenir. La proposition de loi sur la modernisation de la radio sera évidemment au cœur des prochains mois. La place de la radio dans les voitures, l’allègement des mentions légales, le développement du DAB+, ou encore les conditions de régulation ou économiques de notre média sont des enjeux très attendus par les radios indépendantes, mais aussi par l’ensemble du média radio, avec lequel nous travaillons de façon resserrée pour être collectivement les plus efficaces possible. 

LLPH – Vous présentez l’automne comme “décisif” avec la proposition de loi portant modernisation de la radio. Quelles dispositions sont aujourd’hui indispensables, selon vous, pour que ce texte constitue réellement une modernisation de la radio ? 

CS – La priorité est de garantir le maintien de la radio hertzienne, en FM et en DAB+, dans les véhicules. C’est essentiel pour préserver un accès simple, gratuit et direct à la radio. Nous souhaitons une réponse européenne sur ce sujet mais, à défaut d’un texte européen dans des délais rapides, la France doit être motrice et prendre ses responsabilités. Cette loi doit également s’attaquer au poids devenu inacceptable des mentions légales dans les messages publicitaires. Leur accumulation pénalise directement notre média, son attractivité et son efficacité auprès des annonceurs. Il faut désormais une simplification forte et rapide. Enfin, si des sujets consensuels émergent au cours des débats, il ne faut pas s’interdire de les intégrer au texte. Je pense notamment aux enjeux musicaux et à la question des quotas francophones, sur lesquels nous travaillons actuellement avec l’ensemble de la filière. Si nous parvenons collectivement à des solutions équilibrées, pourquoi ne pas profiter de ce véhicule législatif pour les faire avancer ? Cette proposition de loi est une véritable opportunité pour la radio, mais elle est aussi le fruit de plusieurs années de travail et de conviction auprès des pouvoirs publics et des institutionnels, porté notamment par le SIRTI. Nous devons maintenant transformer ce travail en avancées concrètes pour notre média, en nous appuyant également sur les travaux de l’Arcom. 

  • “La proposition de loi du sénateur Laurent Lafon répond à une attente collective de l’ensemble du secteur : donner enfin à la radio un cadre qui lui permette de préparer son avenir. Nous souhaitons donc que ce texte avance avec un calendrier rapide et ferme” 

LLPH – Vous défendez la nécessité de préserver la diffusion hertzienne en FM et en DAB+. Comment imaginez-vous leur coexistence dans les prochaines années et faut-il désormais fixer une trajectoire plus précise pour l’avenir de la FM ? 

CS – Le DAB+ est désormais une réalité et son développement doit se poursuivre. Les radios indépendantes ont été, avec les radios associatives, les premières à se lancer et à construire l’offre DAB+ dans de nombreux territoires, en prenant avant les autres les risques économiques liés à cette nouvelle diffusion. C’était aussi pour elles une opportunité légitime de poursuivre leur développement, historiquement plus limité en FM. Mais il faut être très clair : la FM reste aujourd’hui indispensable et continue d’offrir des perspectives de développement. Des appels aux candidatures structurants sont encore en cours, notamment autour des anciennes fréquences de Mouv’. Les radios indépendantes attendent à cette occasion un geste significatif et légitime du régulateur, qui reconnaisse leur contribution au pluralisme, leur ancrage dans les territoires mais aussi les investissements et les risques qu’elles ont pris dans le développement du DAB+. La priorité reste donc d’achever le déploiement du DAB+, de poursuivre l’équipement des Français et surtout de développer les usages. La question d’une trajectoire pour la FM viendra ensuite, lorsque les conditions permettront de l’aborder sereinement et sans laisser d’auditeurs de côté. Notre ligne est simple : accélérer sur le DAB+ sans affaiblir la FM. 

  • “La FM reste aujourd’hui indispensable et continue d’offrir des perspectives de développement. Des appels aux candidatures structurants sont encore en cours, notamment autour des anciennes fréquences de Mouv” 

LLPH – La présence de la radio dans les véhicules est l’un des sujets de la PPL Lafon. Face à des tableaux de bord où les plateformes occupent une place croissante, comment garantir aux radios une visibilité et un accès simples, sans dépendre des choix des constructeurs ou des systèmes d’exploitation ? 

CS – Comme je l’évoquais à propos de la PPL Lafon, le principe doit être simple : demain comme aujourd’hui, lorsque l’on monte dans une voiture, on doit pouvoir accéder immédiatement à la radio. C’est précisément l’un des enjeux majeurs du texte. Cela ne signifie évidemment pas que la radio tourne le dos au numérique. Bien au contraire : elle y est pleinement engagée. Radioplayer France, qui rassemble très largement les radios françaises, en est une bonne illustration et permet notamment de porter collectivement nos radios dans les nouveaux environnements numériques et automobiles. Radioplayer offre par ailleurs aux véhicules la possibilité de diffuser la radio hybride, qui combine signal DAB, internet et FM et son écosystème de podcast et de webradios. Une de nos préoccupations est de garantir la souveraineté de notre diffusion. Dans le contexte actuel, pouvoir diffuser directement nos programmes et toucher nos auditeurs sans dépendre d’aucun intermédiaire, d’aucune plateforme et d’aucun réseau tiers est plus que jamais rassurant et stratégique. C’est l’une des grandes forces de la diffusion hertzienne et nous devons la préserver. C’est également un enjeu de pluralisme, particulièrement pour les radios locales et régionales, qui n’ont pas nécessairement la force de frappe des grandes marques nationales pour négocier leur présence et leur visibilité dans ces nouveaux environnements. Nous devons donc avancer sur les deux jambes : être pleinement présents dans le numérique tout en garantissant durablement un accès direct et souverain à la radio hertzienne dans les véhicules. 

  • “Pouvoir diffuser directement nos programmes et toucher nos auditeurs sans dépendre d’aucun intermédiaire, d’aucune plateforme et d’aucun réseau tiers est plus que jamais rassurant et stratégique” 

LLPH – Vous réclamez des “conditions de concurrence équilibrées sur les marchés publicitaires”. Où se situe aujourd’hui, selon vous, le principal déséquilibre pour les radios indépendantes et quelles mesures permettraient concrètement d’y remédier ? 

CS – Il faut d’abord rappeler une évidence : la publicité finance la gratuité de la radio privée. Elle finance nos programmes, nos emplois et, pour beaucoup de radios indépendantes, une information locale essentielle à la vie des territoires. Notre concurrence est évidemment aussi numérique. Nous devons faire œuvre de pédagogie, notamment auprès d’une nouvelle génération d’annonceurs et d’intermédiaires, pour sortir de l’idée que le digital serait à lui seul la réponse à tout. Un plan média responsable et efficace doit savoir associer le digital et les médias traditionnels. La radio a toute sa place dans cette complémentarité et continue de démontrer son efficacité. Dans un marché déjà très concurrentiel, nous devons également préserver les équilibres existants. Je pense notamment aux secteurs qui ne sont pas ouverts à la publicité télévisée. Nous sommes fermement opposés à toute nouvelle ouverture qui aurait pour conséquence de transférer des recettes de la radio vers la télévision. Nous sommes également particulièrement vigilants sur la stratégie de Radio France. Les transferts de fréquences intervenus cet été ont renforcé la couverture de plusieurs de ses antennes. Plus de fréquences ne peut pas vouloir dire plus d’accès au marché publicitaire. Ce serait créer un déséquilibre supplémentaire au détriment des radios privées. Nous pensons au contraire qu’il faut désormais engager une trajectoire de réduction puis de fin de la publicité commerciale sur le service public, dès lors que celui-ci bénéficie d’un financement public. Plusieurs parlementaires portent aujourd’hui des propositions en ce sens et ce débat doit avoir lieu. Enfin, il faut alléger les contraintes qui pénalisent directement l’efficacité publicitaire de notre média, notamment les mentions légales. Si nous voulons préserver une radio privée gratuite, forte et diverse, il faut préserver les moyens qui permettent de la financer.

LLPH – Les incendies de cet été vous ont conduit à rappeler le rôle des radios indépendantes dans l’information de proximité en période de crise. Au-delà de cette reconnaissance, quels moyens supplémentaires demandez-vous aux pouvoirs publics pour permettre aux stations d’assurer cette mission toute l’année ? 

CS – Les incendies de cet été l’ont encore montré : lorsqu’une crise touche un territoire, les radios locales sont immédiatement mobilisées. Elles informent, relaient les consignes des autorités et donnent la parole à ceux qui sont sur le terrain. Cette capacité existe parce qu’elles sont présentes et investissent dans leurs territoires toute l’année. L’État et ses services déconcentrés, notamment les préfectures, ne peuvent pas avoir pour seul réflexe le réseau ICI de Radio France. Les radios locales privées disposent d’un maillage territorial et d’une réactivité sans commune mesure. Elles doivent être pleinement intégrées aux dispositifs de sécurité, d’alerte et d’information des populations, avec des relations organisées en amont des crises. Il faut également aller au-delà de la reconnaissance de leur utilité lorsque survient une catastrophe. 

  • “Nous demandons qu’une part plus importante des campagnes de communication de l’État, des établissements publics et des collectivités soit orientée vers les médias locaux. C’est aussi ainsi que l’on consolide durablement l’information de proximité. Si les pouvoirs publics veulent pouvoir compter sur les radios locales lorsque la crise survient, ils doivent travailler avec elles et les soutenir toute l’année. “Nous demandons qu’une part plus importante des campagnes de communication de l’État, des établissements publics et des collectivités soit orientée vers les médias locaux” 

LLPH – Entre évolution des usages, développement du DAB+, audio numérique, plateformes et pression économique, le modèle de la radio indépendante est en pleine transformation. À quoi ressemblera, selon vous, une radio indépendante solide et viable à l’horizon 2030 ? 

CS – Je suis très confiant dans l’avenir de la radio et particulièrement de la radio indépendante. Elle a toujours su évoluer avec les usages sans perdre ce qui fait sa force : la proximité avec ses auditeurs, des marques fortes, des équipes engagées et une vraie liberté éditoriale. J’ai aussi confiance parce que nous avons su nous unir et travailler collectivement au sein du média radio. L’Alliance de la Radio, Ensemble pour le DAB+ ou encore la Fédération des Employeurs de la Radio Privée nous permettent aujourd’hui de porter ensemble les grands enjeux de notre secteur. Les radios indépendantes disposent également d’un outil solide et structurant avec le GIE Les Indés Radios. Il joue un rôle essentiel pour leur développement et pour préparer leur avenir, aux côtés et en complémentarité de l’action syndicale menée par le SIRTI. La force du SIRTI est justement de réunir des modèles différents : radios locales, régionales, thématiques ou généralistes. Toutes ont en commun une identité forte et une vraie proximité avec leurs auditeurs. Dans cette diversité, nous restons particulièrement attachés à la place des médias locaux : “un média local, c’est capital”. Ils font vivre les territoires, créent du lien social, donnent la parole et contribuent au débat démocratique. Qu’elle s’adresse à un territoire ou à une communauté d’auditeurs, la radio indépendante crée du lien et de la proximité. Dans un univers de contenus toujours plus mondialisé, cette singularité sera encore plus précieuse demain. C’est aussi ce qui nous rend très optimistes pour 2030.

Après l’affaire Lidl, la réforme de la publicité télévisée inquiète les médias (reprise The Media Leader)

Retrouvez l’article original ici

Le gouvernement prépare un projet de décret visant à assouplir la réglementation encadrant la publicité télévisée de la grande distribution, à la suite de la décision de Lidl de quitter la télévision en 2026, jugeant le cadre actuel trop contraignant.

Selon un article paru dans Le Figaro, le texte, porté par le ministère de la Culture, doit être transmis à l’Arcom, qui auditionnera les acteurs du marché, tandis qu’une étude d’impact est en préparation.

Cette initiative a suscité une vive opposition d’une partie de l’écosystème médiatique. Dans deux courriers adressés au Premier ministre et à la ministre de la Culture, l’APIG, le SEPM, la FNPS, Lagardère Radio, NRJ Group, Skyrock, Radio Classique, le SIRTI et l’UPE alertent sur les risques pour le financement des médias et le pluralisme de l’information, exprimant leur « profonde inquiétude », écrit le quotidien.

Ils estiment que la réglementation actuelle reste essentielle pour préserver le pluralisme et l’équilibre du financement des médias, alors que la presse et la radio ont déjà vu leurs parts de marché publicitaire fortement reculer.

Décret de 1992

Rappelant que l’actuelle réglementation a été mise en place afin de « préserver le pluralisme des acteurs de la presse, de la radio, de la publicité extérieure et des médias locaux, acteurs fortement dépendants du secteur de la distribution », ils estiment que ses principes sont « plus valables que jamais » alors que la situation économique s’est fortement dégradée depuis lors. 

« La part de marché publicitaire de la presse a par exemple été divisée par 4, celle de la radio par près de 2. »

Selon les signataires, « l’actuelle réglementation participe de l’équilibre du financement des médias, et de leur diversité dans notre pays. Sa remise en cause serait fatale à nos médias et causerait des dommages irrémédiables au pluralisme de l’information et de la culture en France. » 

Plus précisément, ils expliquent que la mesure fragiliserait « le financement du journalisme et de l’information professionnelle dans un contexte de désinformation massive, alors que presse et radio emploient une écrasante majorité des effectifs de journalistes ».

Par ailleurs, poursuivent-ils, elle diminuerait « les contributions financières et les investissements locaux (équipements, services…) réalisés par les opérateurs de communication extérieure au profit des territoires ». Enfin, la modification de l’actuel décret « remettrait en cause le rôle culturel et républicain de nos médias radiophoniques, notamment vis-à-vis de la jeune génération ».

Bonne année 2026 !

Bonne année 2026

Le SIRTI adresse ses meilleurs vœux à ses radios et régies publicitaires adhérentes, aux auditeurs, aux partenaires de la filière radio, ainsi qu’aux pouvoirs publics et autorités de régulation.

En 2026, les radios indépendantes — locales, régionales, thématiques et généralistes, diffusées en FM, en DAB+ et sur les supports numériques — continueront de faire vivre un média solide, pluriel et ancré dans les territoires, engagé dans une dynamique constante d’évolution, d’innovation et d’adaptation de ses pratiques.

Cette dynamique repose sur l’action collective de l’ensemble des acteurs du média radio et sur un dialogue exigeant et constructif avec les pouvoirs publics, au service de l’avenir de la radio.

Le SIRTI renforce sa représentativité et accueille dix régies publicitaires

Annoncée en juin dernier, l’ouverture du SIRTI aux régies publicitaires locales est désormais effective. Dix régies ont déjà rejoint le syndicat aux côtés des éditeurs, marquant une étape structurante pour la défense du modèle économique des radios indépendantes et le renforcement de leur poids sur le marché publicitaire local.

Avec plus de 8 millions d’auditeurs quotidiens, les radios indépendantes constituent un acteur majeur du paysage audiovisuel français. Leur équilibre économique repose en grande partie sur la publicité locale, qui représente pour nombre d’entre elles près de la moitié de leur chiffre d’affaires et conditionne la production d’une information de proximité de qualité.

Or, ce marché connaît des tensions croissantes. En 2024, les recettes de publicité locale des radios indépendantes ont été challengées par le développement croissant du digital qui capte désormais 36 % des investissements locaux (+8,3 %) et de la progression de la télévision segmentée (+13,5 %), selon l’Observatoire des investissements publicitaires locaux et le BUMP 2024.

Dans ce contexte, le SIRTI a fait le choix d’ouvrir ses portes aux régies publicitaires locales afin de fédérer l’ensemble de la chaîne de valeur de la radio indépendante. Face au captage des investissements par les plateformes numériques et à l’essor rapide de la télévision segmentée, le syndicat renforce ainsi sa capacité d’action. Il entend veiller à la bonne application des dispositifs réglementaires et promouvoir une véritable responsabilité démocratique des acteurs vis-à-vis de l’écosystème médiatique local en faisant appliquer la règle « à programme local, publicité locale ».

Cette représentativité élargie dans le secteur publicitaire s’inscrit en complémentarité avec les éditeurs de radio qui ont fait le choix d’organiser leurs services commerciaux au sein de structures intégrées aux équipes assurant la conception des programmes.

En cette fin d’année 2025, dix régies publicitaires ont rejoint le SIRTI. Couvrant une large part des régions françaises métropolitaines, elles commercialisent principalement des radios indépendantes, mais également d’autres marques radio et, pour certaines, des dispositifs multi-supports :

  • 100% régie
  • Activ média
  • Force 1 publicité
  • Happy media
  • HPI
  • La Maison FG
  • La régie 1981
  • Mediarun
  • Régie Ouest
  • Tertio

« En accueillant les régies locales, le SIRTI affirme sa vocation à représenter l’ensemble de l’écosystème des radios indépendantes. Éditeurs et régies partagent un même engagement : défendre un modèle économique local, garant de la diversité et de la vitalité de l’information dans les territoires », déclare Christophe Schalk, président du SIRTI.